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La seconde venue de Christ, Georges Muller


Aux temps apostoliques, les disciples furent consolés et encouragés par la
perspective du retour de Jésus-Christ en personne. Tandis qu'ils regardaient le
Seigneur quittant la terre, un ange leur apparut et leur dit: « Hommes Galiléens,
pourquoi vous tenez-vous là, regardant le ciel? Ce Jésus qui a été enlevé
d'avec vous vers le ciel en reviendra de la même manière que vous l'avez vu
y monter». (Actes 1. 11).
Cela, et non la mort, était l'espérance de l'Eglise.
C'est cette même attente en la venue de Jésus qui doit toujours continuer à être
cette espérance.
Mais, pendant de longs siècles, hélas! il n'en fut pas ainsi.
Dans les Confessions de foi, il est bien dit que le Seigneur Jésus doit revenir un
jour ; mais en fait, ce n'est pour la très grande majorité des chrétiens, qu'une simple
déclaration doctrinale, n'apportant ni joie, ni rayonnement dans leur vie,
Et cependant, le désir et l'intention du Seigneur étaient que l'Église vigilante,
attendant Son retour, conservât ses yeux fixés sur Lui. A de nombreuses reprises,
durant Son ministère terrestre, le Seigneur prédit ce grand événement; et après qu'Il
fut monté au ciel, les apôtres s'y rapportaient sans cesse,
Des passages de l'Ecriture viennent en foule appuyer cette constatation. Je ne
mentionnerai que les suivants: « Quand le Fils de l'homme viendra dans Sa
gloire avec tous les saints anges, alors il s'assiéra sur Son trône de gloire »
(Matthieu, 25. 31). - « Dans la maison de mon Père sont plusieurs demeures; si
cela n'était pas, je vous l'aurais dit. Je vais vous préparer une place, je
reviens et je vous prendrai auprès de moi, afin que là où je suis, vous y soyez
aussi » (Jean 14. 2, 3). - « De même qu'il faut que les hommes meurent une
fois, puis vient le jugement, de même le Christ ne s'est offert qu'une fois pour
« anéantir une quantité de péchés», puis Il reviendra, non plus à cause du
péché, mais pour donner le salut à ceux qui l'attendent ». (Hébreux, 9. 27), -
« Le Seigneur lui-même, à un signal donné avec une voix d'archange et au
son de la trompette de Dieu, descendra du ciel : alors ceux qui sont morts en
Christ ressusciteront d'abord. Puis nous, les vivants restés, nous serons
ravis ensemble avec eux sur des nuées pour aller à la rencontre du Seigneur,
dans l'air : et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur ». (1 Thessaloniciens, 4, 16, 17),
Ces passages suffisent déjà pour établir que la seconde venue de Jésus est une
venue en personne et n'a aucun rapport, comme on a pu le croire, avec le don du
Saint-Esprit, le jour de la Pentecôte, pas plus, d'ailleurs, qu'avec la communication
spirituelle et particulière du Christ avec le croyant pour consoler celui-ci, l'instruire,
ou l'aider d'une manière quelconque; pas plus, enfin, qu'avec notre mort, lorsqu’en
notre qualité de croyant, nous partirons pour être avec Lui.
On peut, cependant, demander : « Pourquoi tant insister sur ce point? Quand
nous mourons, notre réunion avec Lui, n'est-ce pas la même chose ?» Nous
répondrons que la différence est énorme entre ces deux événements.
(a) Au moment de la mort, le croyant n'est amené qu'à un état de bonheur partiel
: n'ayant pas encore son corps glorifié, il attend l'heure où « En un Instant, en un
clin d'oeil, à la dernière trompette...les morts ressusciteront incorruptibles et
nous serons changés ». (1 Corinthiens 15. 51-53)
Quel que soit le bonheur de l'enfant de Dieu, quand il quitte ce monde, quand « Il
sort du corps pour aller demeurer auprès du Seigneur», son bonheur sera
indiciblement plus grand lorsqu’il entrera dans la plénitude de la gloire qui ne sera
atteinte qu'au retour de notre Seigneur.
(b) Satan ne sera lié qu'après le retour de Jésus; en sorte qu'il détient encore le
pouvoir que Dieu lui a laissé dans le monde comme dans l'Eglise, en tenant compte
que ceux qui se sont endormis dans le Seigneur lui ont, désormais, entièrement
échappé !
(c) Au retour de notre Seigneur, l'Église (1) tout entière sera aussitôt introduite
dans le bonheur et la gloire éternels. Ce n'est pas uniquement comme individus que
notre coupe de Joie sera alors pleine à déborder, mais notre allégresse sera
éternellement partagée par toute la multitude des rachetés.
Il parait amplement démontré, par tout ce qui précède, que parler de la seconde
venue de Jésus, c'est parler de son retour en personne.
(1) C'est-à-dire, le Corps de Christ (N.d.t).
Passons maintenant brièvement en revue, quelques-uns des évènements qui
surviendront au moment de cette venue :
1° La première résurrection. Les saints, transfigurés et ressuscités, seront
enlevés ensemble à la rencontre du Seigneur dans les airs, pour être toujours avec
Lui. (1 Thessaloniciens. 4. 16, 17). A ce moment, ressusciteront, seuls, ceux qui,
sous l'ancienne Alliance, croyaient au Messie à venir, et ceux qui, disciples de
Jésus, sous la nouvelle Alliance, se sont endormis dans le Seigneur.
L'Idée commune est qu’au retour du Christ, aura lieu la résurrection générale des
croyants comme des incroyants. Tandis que le Saint-Esprit enseigne dans les
Écritures que ceux qui sont au Christ, et ceux-là seulement, prendront part à la
première résurrection.
Nous lisons, dans 1 Corinthiens. 15. 22 : « De même qu'en Adam tous sont
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mortels, de même, dans le Christ, tous recouvreront la vie ; mais chacun en
son propre rang : les prémices, Christ : puis ceux qui sont au Christ à son
apparition ».
A noter les mots « ceux qui sont au Christ ». Non pas tous les morts,
indistinctement, mais ceux-là seuls qui sont unis à Jésus par la foi, ou qui sont
morts dans la foi. La même vérité est enseignée dans 1 Thessaloniciens, 4. 16, 17.
Il est à remarquer qu'Il n'est parlé que de ceux qui sont morts en Christ, pour la
résurrection de ce moment-là. Dans l'Apocalypse, au chap. 20, v. 4 à 6, nous lisons
: « Et je vis des trônes, et à ceux qui s'assirent sur ces trônes fut donné le
pouvoir d'exercer le jugement. Et je vis les âmes de ceux qui avalent été
décapités à cause du témoignage de Jésus et de la Parole de Dieu, et de tous
ceux qui n'avaient pas adoré la bête (l'Antichrist), ni son image, et qui
n'avaient pas pris sa marque sur le front ni sur leur main. Ils reprirent vie et
régnèrent avec le Christ pendant mille ans. Mais le reste des morts ne reprit
pas la vie avant que les mille ans fussent accomplis. C'est la première
résurrection! Heureux et saints ceux qui participent à la première
résurrection! Sur eux, la seconde mort n'a point de pouvoir ; mais ils seront
sacrificateurs de Dieu et du Christ, et régneront mille ans avec Lui ».
Ainsi, lorsqu’au début de cette citation, Il est dit : « Et je vis des trônes et ceux
qui s'assirent...» il est bien entendu qu'il s'agit ici des croyants en Christ qui sont
avec Lui, « les armées qui sont dans le ciel » mentionnés au chapitre. 19, verset
14. Ensuite, Il est question des âmes de ceux qui ont été égorgés à cause de la
Parole de Dieu et du témoignage...» Il est évident d'après le contexte, qu'il s'agit là
de croyants seulement, et non d'impies.
Ces impies ressusciteront également, mais un millier d'années plus tard, après le
Millénium, afin que, dans leur corps, mais non dans un corps transfiguré, Ils soient
à même de subir le châtiment qu'Ils auront mérité (Apocalypse. 20. 11-15).
Oh! Comme chacun de nous devrait être pénétré de la solennité de ces
déclarations et de l'absolue certitude de leur accomplissement futur ; et avec quelle
ardeur, quiconque lit ces lignes, ne devrait-il pas s'assurer d'après les Ecritures,
qu’il appartient réellement à Christ! C'est qu'en effet, par nature, nous sommes
irrémédiablement perdus, et nous ne méritons que le châtiment, à moins que nous
n'acceptions de Dieu, et de Lui seul, le remède, c'est-à-dire le salut qui se trouve
dans la foi au sang et à la justice du Seigneur Jésus-Christ par qui, seul,
s'obtiennent la vie spirituelle, le pardon et la justification. (Lire : Ephésiens. 2. 1-9 ;
Galates. 3. 26 ; Actes. 10, 43 ; Rom. 6. 1; Jean 3. 16 ; Romains. 8, 16-17).
2° - La conversion et la restauration nationale d'Israël (lequel sera retourné
en Palestine (1), mais en état d'incrédulité).
Dans l'Ecriture, en effet la gloire et la résurrection de l'Eglise sont toujours
associées au temps où Israël reviendra à « la connaissance de l'Eternel ».
(Psaume. 102. 16). Voir aussi Jérémie, chapitres 11, 12 : lire attentivement en
Esaïe les chapitres : 24, 25, 26 et 27.
3° - Un autre évènement prendra place au temps du retour du Seigneur Jésus :
Satan sera lié - « Et je vis descendre du ciel un ange tenant à la main la clef
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de l'abime et une grande chaine. Et il saisit le Dragon, le Serpent ancien,
c'est-à-dire le Diable, Satan, et le lia pour mille ans, et le précipita dans
l'abîme, et en ferma l'entrée sur lui, et la scella d'un sceau pour qu'il n'égarât
plus les nations jusqu'à ce que les mille ans fussent accomplis. Après cela il
doit être délivré pour quelque temps » (Apocalypse 20. 1-3).
Aussi longtemps que durera cette dispensation, et jusqu'au retour du Seigneur,
Satan ne sera pas lié : en sorte que le péché et l'impiété déclarée séviront jusqu'à la
fin de notre économie ; le monde, au lieu de s'améliorer ira toujours en
empirant, d'après les Ecritures ! Comment ne pas voir déjà le mal effroyable qui de
tous côtés nous environne : meurtres, atrocités, abominations de toute espèce
abondent plus que jamais en ce siècle de lumière et de soit disant progrès.
(1) Ce traité a été écrit en 1881. à une époque où rien ne laissait prévoir le retour
des Juifs dans leur pays. (Note du traducteur).
Quelle preuve certaine que Satan n'est pas encore lié ; qu'il est à cette heure
même le dieu de ce monde ; qu’il détient encore la puissance ; et parce qu’il sait
qu'il n'a plus que peu de temps, il est plein de rage contre Dieu et contre son
peuple. (Apocalypse. 12. 12).
Mais cet état de choses va avoir une fin: au retour de Jésus, Satan perdra la
puissance qu'Il a dans ce monde et sera enfermé dans l'abîme pendant mille ans.
4° - Au retour de Jésus, se produira un autre évènement : la séparation du
froment et de l'ivraie, ce mélange qu'aura été la chrétienté ou les Eglises portant
le nom de Christ. Lire avec soin Matthieu. 13. 24-30 ; et 37 à 43. Par cette parabole,
et par l'explication même qu'en donne le Seigneur, nous voyons ce que nous
pouvons attendre de la présente économie. La civilisation, la culture intellectuelle, la
connaissance des choses progresseront dans tous les domaines ; mais l'homme,
l'homme déchu n'en reste pas moins une créature ruinée, à moins qu'acceptant
l'Evangile, il ne soit régénéré par la puissance du Saint-Esprit.
Il pourra se développer intellectuellement, se raffiner à un très haut degré mais il
est pécheur, et de par sa nature même, il demeure perdu, voué à une irrémédiable
faillite !
Il peut fort bien avoir une religion naturelle, et même une certaine piété; mais tant
qu'Il n'est pas né d'En-Haut, Il reste ennemi de Dieu; et aussi longtemps qu'il ne
croit pas au Seigneur Jésus-Christ, « la colère de Dieu demeure sur lui » (Jean 3.
36).
Le péché n'est pas, comme quelques-uns le pensent, une chose
comparativement peu importante. C'est une maladie mortelle de l'esprit ! La
Parole de Dieu le déclare. Et aucun progrès découlant de l'éducation, aucun
développement intellectuel ne réussiront à l'extirper du coeur, non plus qu'à
transformer la nature dépravée de l'homme.
En dépit de tous les efforts pour l'améliorer, « le coeur de l’homme est
trompeur plus que toute chose et incurablement mauvais » (Jérémie. 17. 9).
En sorte que, jusqu'au retour du Seigneur Jésus, non seulement l'état de choses
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actuel va subsister, mais le monde, comme nous le déclare la Parole de Dieu, ira
sans cesse en empirant dans le mal.
D'excellentes personnes dont on ne peut, certes, contester la piété, s'imaginent
que du fait de la prédication de l'Evangile le monde se convertira pendant
l'économie présente, et qu'ainsi le Millénium ou l'Age d'or, finira par s'établir sur la
terre ! Ce n'est point l'enseignement des Saintes Ecritures.
Ce que l'on y trouve, c'est que l'Evangile doit être universellement prêché « pour
servir de témoignage à toutes les nations » mais non pas comme moyen de la
conversion du monde (Matthieu. 24. 14). Le passage du chapitre 15 du livre des
Actes au verset 14, définit bien le caractère de la dispensation actuelle, à savoir que
Dieu « a visité les nations païennes pour en tirer un peuple consacré à son
nom ». Il ne dit pas : pour les convertir toutes ! C'est, d'ailleurs, ce que confirme la
parabole de l'ivraie ; car si le monde entier devait se convertir avant le retour du
Seigneur, l'explication de cette parabole, donnée par Jésus lui-même ne serait pas
juste. Il nous dit : l'ivraie. (Les enfants du Malin) et le froment. (Les enfants du
Royaume) croîtront l'un et l’autre jusqu'à la moisson - l'achèvement du siècle -
c'est-à-dire jusqu'au temps de Son retour.
Ainsi, cette parole de Jésus contredit absolument l'idée généralement admise
que le monde sera converti avant le retour du Seigneur. Au surplus, de très
nombreuses déclarations du Nouveau Testament, venant soit de Jésus Lui-même,
soit des Apôtres, affirment qu'à la fin de l'économie présente le mal aura été en
augmentant, aussi bien parmi les chrétiens de nom que parmi les mondains avérés.
A l'appui de ceci, un seul passage de l'Ecriture suffira. Dans la seconde épître à
Timothée au chapitre 3, verset 1 et suivants, nous lisons: « Sache bien que, dans
les derniers jours, il y aura des moments très difficiles. Les hommes seront
égoïstes, attachés à l'argent, prétentieux, arrogants médisants, rebelles à
leurs parents, ingrats, irréligieux, impitoyables, indifférents, traîtres,
emportés, vaniteux, aimant moins Dieu que leurs plaisirs, se donnant des
airs de piété et reniant tout ce qui fait la force de la piété ».
Il faut bien remarquer que ce tableau ne concerne pas les païens ou les
Mahométans, mais la chrétienté ! C'est son état qui est décrit ici, et celui de l'Eglise
des chrétiens de nom, à la fin de cette économie.
Notons soigneusement qu'Il est dit de ces hommes qu'Ils ont l'apparence de la
piété. Ils tiennent à être pris pour des chrétiens. Ils ne sont point des incrédules ou
des athées déclarés, mais des « soi-disant croyants ! »
Pouvons-nous, dans ces conditions, nous attendre à voir se produire une
amélioration graduelle du monde? N'est-ce pas plutôt vers un épaississement des
ténèbres que nous allons, à mesure que nous approchons de la fin?
Assurément il est écrit qu'un jour « la terre sera remplie de la connaissance
de l'Eternel, comme le fond des mers est rempli par les eaux qui le
couvrent » mais ceci ne se produira pas tant que Jésus ne sera pas de retour. En
attendant, c'est l'anarchie qui ira se développant, le socialisme, le communisme, le
nihilisme, etc…, dont on parle tant, et à la tête desquels s’établira l'Antichrist en personne,
l'homme de péché.
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Et ceci nous amène à parler d'autres évènements devant coïncider avec le retour
du Seigneur à savoir :
5° - La destruction de l'Antichrist. Nous lisons (2 Thessaloniciens. 2. 1-8).
«Pour ce qui regarde l'apparition de Notre Seigneur Jésus-Christ, et notre
réunion avec Lui, nous vous en prions, frères, n'allez pas vite vous monter
l’imagination, ne vous laissez pas troubler par de fausses inspirations, ou par
des paroles, ou par une prétendue lettre de nous, vous annonçant que nous
sommes arrivés au jour du Seigneur. Ne vous laissez tromper par rien, ni par
personne : car (Il ne viendra pas) que l'apostasie ne soit venue auparavant, et
que se soit révélé l'homme de l'iniquité, le fils de la perdition, l'adversaire
s'élevant au-dessus de tout ce qu'on appelle Dieu, et qu'on adore, jusqu'à
s'asseoir comme Dieu dans le temple de Dieu, et se présentant, lui, comme
étant Dieu lui-même !
« Ne vous souvient-il pas que je vous disais ces choses, lorsque j'étais
encore auprès de vous? Et maintenant, vous savez ce qui fait obstacle pour
qu'il ne soit manifesté qu'en son temps. Car, déjà le mystère de l'iniquité est
à l'oeuvre ; il éclatera quand celui qui fait obstacle maintenant aura disparu.
Et alors, sera manifesté l'impie (ou le sans loi) que le Seigneur Jésus détruira
par le souffle de sa bouche, et qu'II anéantira par l'éclat de son avènement » 2
Thessaloniciens. 2: 3.
Ainsi, il nous est dit que le Seigneur ne viendra pas avant que se soit manifestée
l'apostasie; si effrayantes qu'aient été les infidélités et les erreurs dans les siècles
passés, l'apostasie dont il est fait mention ici, en dépasse l'horreur, Car ce ne sera
pas moins qu'un reniement total de tout ce qui est divin, le remplacement de Dieu
par l'Impie lui-même. « Il ira jusqu'à s'asseoir, comme Dieu dans le temple de Dieu,
et se présentant comme étant Dieu lui-même».
Voilà les évènements vers lesquels nous courons rapidement, au lieu de nous
acheminer vers la conversion du monde.
Nous avons à examiner maintenant s'il est conforme à la volonté du Seigneur
que nous, ses disciples, nous attendions son retour.
Nous pourrions citer, pour le prouver, un très grand nombre de passages du
Nouveau Testament. Mais, pour ne pas fatiguer l'attention, nous n'en
mentionnerons que quelques-uns. Dans Tite 2. 11-13, nous lisons : « La grâce de
Dieu qui sauve tous les hommes a été révélée : elle nous apprend à renoncer
à l'impiété et aux plaisirs du monde, à vivre sagement, justement et
pieusement dans le présent siècle, et à attendre la réalisation de notre
bienheureuse espérance, l’apparition de la gloire de notre grand Dieu et
Sauveur Jésus-Christ ». Dans Matthieu, 24. 36-41, notre Seigneur lui-même nous
enjoint instamment d'attendre son retour et de veiller.
Dans Matthieu, 25. 13, encore, le Seigneur dit à ses disciples : « Donc, veillez,
car vous ne savez ni le jour ni l'heure où viendra le Fils de l'homme». De
même, dans Marc 13. 35-37, Jésus dit : « Veillez donc, puisque vous ne savez
pas quand viendra le maitre de la maison, si ce sera le soir, ou au milieu de la
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nuit, ou au chant du coq, ou le matin, de peur qu'arrivant à l'improviste, il ne
vous trouve endormis. Or, ce que je vous dis à vous, je le dis à tous:
Veillez! »
Et encore, dans l’Apocalypse. 16. 15, le Seigneur dit : « Heureux celui qui
veille (en grec : « o gregorôn », le veillant.) et qui garde ses vêtements, de peur
qu'il ne soit réduit à courir nu et qu'on ne voie sa honte ».
Et maintenant, nous, les croyants, sommes-nous vigilants? Attendons-nous le
retour de notre Maitre béni? Nos coeurs languissent-ils véritablement après lui?
Après son apparition glorieuse? Faisons-nous, aussi, toute notre part afin de hâter
sa venue? Notre prière, habituelle est-elle que le Seigneur veuille hâter
l'accomplissement de tout ce qui doit se produire avant que ce jour ne vienne?
(Esaïe : 60. 22)
Considérons enfin la dernière partie de notre sujet, c'est-à-dire les conséquences
pratiques résultant de l'application de cette vérité à nos coeurs. Si l'enfant de Dieu
reçoit réellement celle-ci et s'en pénètre, il dira: « Que puis-je faire pour mon
Sauveur avant qu'Il ne revienne? Comment pourrais-je mieux le glorifier? Sa
volonté, en ce qui me concerne, est que je sois au travail « jusqu'à ce qu'il
vienne ». Comment puis-je donc utiliser au mieux les talents qui m'ont été confiés,
mes forces physiques, intellectuelles? Mes yeux, ma langue, toutes les facultés de
mon esprit et de mon corps, comment puis-je mieux les consacrer à sa louange?
Mon temps, mon argent, tout ce que je suis, tout ce que j'ai, comment puis-je les
employer au mieux de ses intérêts?
Moi-même, tout entier, corps, âme et esprit, comment puis-je être le mieux
consacré à son service?
Ce sont là des questions pratiques de la plus haute importance, que devraient se
poser tous ceux qui croient au Seigneur Jésus, tous ceux qui comprennent que
nous ne nous appartenons pas, mais que nous avons été achetés à un grand prix,
celui de son précieux sang. Au lieu de nous laisser aller à ne rien faire, de tomber
dans l'indifférence, découragés devant le détestable état de choses qui nous
entoure, nous travaillerions et nous prierions, nous prierions et nous travaillerions,
comme s'il était en notre pouvoir d'endiguer le courant de l'universelle iniquité. Car,
qui peut dire tout le bien dont est capable un seul enfant de Dieu que dévore le zèle
de la maison de son Père? Et quelle gloire il rendra à Dieu en se séparant
rigoureusement de tout ce qu’il a en abomination? D'autre part, nous avons aussi,
nous avons surtout, à prendre garde à ne pas nous relâcher de nos efforts pour la
conversion des pécheurs sous prétexte que le monde ne sera pas converti avant le
retour de Jésus. Bien au contraire : Le temps de sa venue approche, devrions-nous
dire. Que puis-je donc faire pour avertir les pécheurs, pour gagner des âmes à
Jésus?
Lorsqu'il plut à Dieu, en juillet 1829, de révéler à mon coeur la vérité du retour
personnel du Seigneur Jésus, et de me montrer quelle avait été, jusque-là mon
erreur en escomptant la conversion du monde, l'effet produit sur moi fut celui-ci :
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Emu de compassion au plus profond de mon âme pour les pécheurs perdus et pour
un monde qui allait s'enfonçant dans l'abime enlacé par le Malin, je pensai : Ne
dois-je pas faire tout ce qui est en mon pouvoir pour gagner des âmes au Seigneur
Jésus et pour faire sortir l'Église de sa torpeur? Je pris donc la détermination de
m'en aller de lieu en lieu pour annoncer l'Evangile, pour réveiller l'Eglise et la
presser d'attendre le retour du Seigneur.
Je me mis aussitôt à l'oeuvre. Et quelque temps après, je fus conduit par le
Seigneur à me fixer à Teignmouth, dans le Devonshire, pour y remplir un ministère
pastoral, m'occupant en même temps de Bristol. Malgré cela, et bien que je compte
maintenant plus de cinquante et un ans de ministère, j'ai toujours tenu fidèlement et
de tout coeur ce double engagement ; et par le moyen de «l'Institut pour la
propagation de la connaissance des Ecritures, dans la Métropole et à l'Etranger »,
que le Seigneur me permit de fonder, j'ai pu, pendant quarante-sept ans, travailler à
la conversion des pécheurs et contribuer à rendre attentive l'Eglise du Christ, aux
vérités qui touchent à sa grande espérance.
En outre, durant les six dernières années, de mars 1875 à mars 1881, j'ai été
constamment en voyage (visitant onze pays différents et tenant environ 1.800
réunions) pour annoncer l'Evangile, réveiller les chrétiens et les instruire sur le
caractère de l'économie présente et la fin qui en sera le terme (1).
(1) Ce que l'auteur ne dit pas, dans son humilité, c'est l'oeuvre sociale admirable
qu'il a été conduit à faire, recueillant dans les orphelinats fondés par lui à Bristol
(pour l'entretien desquels il s'attendait uniquement à Dieu, et qui continuent à se
développer) sur les mêmes principes, des dizaines de milliers d'orphelins, arrachés
au vice et à la misère, et armés pour la vie. Georges Müller était tout le contraire
d'un songe-creux et d'un illuminé. Magnifique témoin de Jésus-Christ, il fut, au
cours de sa longue carrière, aussi passionné d'amour pour les hommes qu'il l'était
pour Dieu; et l'Ecriture avait pour lui, dans toutes ses parties et ses pages, une
autorité absolue qu'il ne discuta jamais.
Je voudrais pour conclure, attirer l'attention sur 2 Pierre 3, 9-14 : - « Le
Seigneur n'est pas en retard pour l'exécution de sa promesse : certaines
personnes croient qu'iI y a du retard; mais Il use de patience envers vous,
voulant que personne ne périsse, mais que tous arrivent à la repentance. Le
jour du Seigneur viendra comme un voleur : alors les cieux disparaîtront
avec fracas, les éléments embrasés se fondront, et la terre et tout ce qu'elle
renferme, sera consumée. Puisque tout va donc se dissoudre, quelle sainte
conduite, quelle piété ne devez-vous pas montrer, attendant et hâtant la
venue du jour de Dieu, ce jour dans lequel les cieux enflammés seront
dissous et les éléments embrasés se fondront. Quant à nous nous attendons,
selon sa promesse, des cieux nouveaux et une terre nouvelle où la justice
habitera!
« C'est pourquoi bien-aimés, pleins de cette attente, faites tous vos efforts
pour qu’Il vous trouve en paix, sans tache, sans reproche ».
9
Aucun doute n'est possible. Au moment même où le coeur saisit réellement, dans
toute sa puissance, le caractère pratique de la seconde venue du Seigneur, il
résulte de cette connaissance les effets les plus bénis sur la vie et sur la conduite
des chrétiens. Nous comprenons alors ce qui attend un « monde soumis au Malin
», et quelle sera la fin de tout son orgueil, de toutes ses pompes, de toute sa gloire.
La destinée future des enfants de Dieu nous est également dévoilée, et nous
savons que nous serons rendus, corps et âme, parfaitement semblables à notre
Seigneur ressuscité, lorsque nous le verrons tel qu'Il est (1. Jean 3. 2 ; Philippiens.
3. 20, 21).
Alors, nous entrerons en possession de notre héritage qui ne peut ni se
corrompre, ni être souillé, et qui ne passera jamais ; et nous serons assis
avec Jésus, sur son Trône (Apocalypse. 3. 21) et, unis à Lui, nous jugerons le
monde, partageant éternellement la gloire de notre Seigneur.
« Voici je viens bientôt : et j'apporte avec moi ma rétribution. Je la
décernerai à chacun selon ses oeuvres » (Apocalypse. 22. 12).
- Publié à Bristol en 1811 -
Traduit et publié en français en 1919.
Réimprimé en 1936, en 1950, en1997
Publié sur biblebooks.fr en octobre 2011.

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En 311, Atteint d’une maladie particulièrement douloureuse et craignant une vengeance du Dieu des chrétiens, L’empereur Galère ,   promulgue le jour de sa mort l’édit de de Sardique reconnaissant l'existence de la religion chrétienne et renonçant au culte de l’empereur.   « L'Empereur César Galérius Valère Maximien, Invincible, Auguste, Souverain Pontife très grand, Germanique très grand, Egyptien très grand, Thebaïque très grand, Sarmatique très grand cinq fois, Persique très grand deux fois, Carpique très grand six fois, Arménique très grand, Médique très grand, Adiabénien très grand, de puissance tribunicienne vingt fois, impérator dix-neuf fois, consul huit fois, père de la patrie, proconsul. Et l'Empereur César Flavien Valère, Constantin, pieux, heureux, invincible, Auguste, Souverain Pontife très grand, de puissance tribunicienne, imperator cinq fois, consul, père de la patrie, proconsul. « Entre toutes les mesures que nous avons imaginées pour l'utilit

Édit de Milan, 313 (d'après Lactance)

«Licinius rendit grâce à Dieu dont le secours lui avait donné la victoire et, le 15 juin de l'année où lui-même et Constantin étaient consuls pour la troisième fois, il fit afficher une lettre circulaire adressée au gouverneur [de Bithynie], concernant le rétablissement de l'Église. La voici: «Moi, Constantin Auguste, ainsi que moi, Licinius Auguste , réunis heureusement à Milan, pour discuter de tous les problèmes relatifs à la sécurité et au bien public, nous avons cru devoir régler en tout premier lieu, entre autres dispositions de nature à assurer selon nous le bien de la majorité, celle sur laquelle repose le respect de la divinité, c'est-à-dire donner aux chrétiens comme à tous la liberté et la possibilité de suivre la religion de leur choix, afin que tout ce qu'il y a de divin au céleste séjour puisse être bienveillant et propice à nous-mêmes et à tous ceux qui se trouvent sous notre autorité. C'est pourquoi nous avons cru, dans un dessein salut