Accéder au contenu principal

La règle de Pacôme (1er moine)

Né en 287 en Haute-Égypte, de parents païens, Pacôme fut enrôlé de force à vingt ans ; secouru à Thèbes par des chrétiens, il fut touché de leur bonté. Renvoyé de l'armée peu après, il se retira au village de Seneset (aujourd'hui Kasr-es-Sayad), et reçut le baptême. Il entreprit la construction d'un monastère dans le désert, à Tabennesi. Il voulut que les "moines" mènent une vraie vie commune en se réunissant pour la prière, le travail et les repas. Après des débuts difficiles, les disciples affluèrent en si grand nombre que Pacôme édifia neuf monastères, qu'il organisa en un ordre centralisé. Il mourut le 9 mai 347. Pacôme avait écrit en copte une règle, la première règle monastique chrétienne. Elle fut complétée par ses successeurs et traduite en grec et en latin:


1. Comme il ( Pacôme ) était assis dans sa grotte, un ange lui apparut et lui dit : « Tu as bien fait ce qui te regarde. Il est donc superflu que tu restes en cette grotte. Va, rassemble tous les jeunes moines et habite avec eux, et d’après le plan que je te donne, impose-leur des lois. » Et il lui remit une tablette d’airain sur laquelle avait été inscrit ceci :
2. « Tu permettras à chacun selon ses forces de manger et de boire. Donne-leur à faire des travaux proportionnés à leurs forces ; ne les empêche ni de jeûner ni de manger. Cependant impose les travaux de force aux plus forts et à ceux qui mangent, et les moins pénibles à ceux qui sont plus débiles et qui pratiquent davantage l’ascétisme. Puis fais des cellules différentes dans l’enceinte, et qu’ils habitent trois par cellule. Quant à’ la nourriture, que tous la prennent en un même lieu.
3. Qu’ils dorment non pas étendus, mais que, s’étant fabriqué des sièges un peu renversés en arrière et y ayant placé leurs couvertures, ils dorment assis. Qu’ils portent la nuit des tuniques de lin avec une ceinture. Que chacun d’eux ait une mélote en peau de chèvre travaillée, et qu’ils ne mangent pas sans elle. Mais en allant à la communion le samedi et le dimanche, qu’ils détachent leurs ceintures, déposent leur mélote et entrent seulement avec la coule à capuchon. » Et il leur prescrivit un type de coules sans poils velus, comme pour des petits enfants, dans lesquelles il ordonna qu’on fît une marque, en forme de croix, avec de la pourpre...
5. D’autre part il était inscrit sur la tablette : « Qu’un étranger d’un autre monastère, ayant une autre règle, ne mange ni ne boive avec eux, qu’il n’entre pas dans le monastère, à moins qu’il ne se soit trouvé en voyage. » De plus celui qui est entré pour rester avec eux n’est pas admis pendant trois ans dans le chœur ; mais quand il aura fait de durs travaux, alors au bout de trois ans il est admis.
6. « En mangeant, qu’ils couvrent leurs têtes de leurs capuchons, afin que le frère ne voie pas son frère en train de manger. On ne doit pas parler quand on mange, ni jeter les yeux de côtés et d’autres en dehors de son écuelle et de la table. » Il leur prescrivit de faire durant le jour douze prières, douze autres au lucernaire, douze dans les vigiles nocturnes, et trois à la neuvième heure. Il leur ordonna aussi de chanter un psaume avant chaque prière, quand tous sont sur le point de manger.
7. Pacôme objectant à l’ange que les prières sont peu nombreuses, l’ange lui dit : « J’ai prescrit cela, pour être assuré que même les plus faibles observeraient la règle sans qu’elle leur soit à charge. Quant aux parfaits, ils n’ont pas besoin de réglementation ; car étant retirés dans leurs cellules, ils consacrent leur vie entière à la contemplation de Dieu. Mais j’ai légiféré pour ceux qui n’ont pas l’esprit dirigé par des vues supérieures, afin que, même s’ils remplissent comme des domestiques l’ensemble des observances, ils vivent dans un état de franchise. »

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Concile de Laodicée Principaux canons -364-

Canon 6 Interdit l'entrée dans les églises aux hérétiques obstinés. Canon 9 Défend aux fidèles d'aller au cimetières et aux églises avec des hérétiques et d'y prier avec eux et à y demander la guérison à leurs prétendus martyrs. Canon 11 Défend de donner des responsabilités aux femmes dans l'Église et dans les assemblées. Canon 29 Il n'est pas propre pour les chrétiens de judaïser en chômant le Sabbat, mais ils doivent travailler en ce jour ; ils doivent se reposer le dimanche comme les chrétiens, préférant ce jour s'il veulent. Sous peine d'anathème. Canon 30 Défend aux chrétiens de se baigner avec les femmes, d'autant que cela est même condamné chez les païens. Canon 31 Défend aux parents de donner leurs enfants en mariage à des hérétiques, à moins qu'ils ne promettent de se faire catholiques. Canon 35 Il ne faut pas que les chrétiens quittent l'église de Dieu pour aller invoquer les anges et faire des assemblées défendues. Si donc

Edit de de Sardique de l'empereur Galère en 311

En 311, Atteint d’une maladie particulièrement douloureuse et craignant une vengeance du Dieu des chrétiens, L’empereur Galère ,   promulgue le jour de sa mort l’édit de de Sardique reconnaissant l'existence de la religion chrétienne et renonçant au culte de l’empereur.   « L'Empereur César Galérius Valère Maximien, Invincible, Auguste, Souverain Pontife très grand, Germanique très grand, Egyptien très grand, Thebaïque très grand, Sarmatique très grand cinq fois, Persique très grand deux fois, Carpique très grand six fois, Arménique très grand, Médique très grand, Adiabénien très grand, de puissance tribunicienne vingt fois, impérator dix-neuf fois, consul huit fois, père de la patrie, proconsul. Et l'Empereur César Flavien Valère, Constantin, pieux, heureux, invincible, Auguste, Souverain Pontife très grand, de puissance tribunicienne, imperator cinq fois, consul, père de la patrie, proconsul. « Entre toutes les mesures que nous avons imaginées pour l'utilit

Édit de Milan, 313 (d'après Lactance)

«Licinius rendit grâce à Dieu dont le secours lui avait donné la victoire et, le 15 juin de l'année où lui-même et Constantin étaient consuls pour la troisième fois, il fit afficher une lettre circulaire adressée au gouverneur [de Bithynie], concernant le rétablissement de l'Église. La voici: «Moi, Constantin Auguste, ainsi que moi, Licinius Auguste , réunis heureusement à Milan, pour discuter de tous les problèmes relatifs à la sécurité et au bien public, nous avons cru devoir régler en tout premier lieu, entre autres dispositions de nature à assurer selon nous le bien de la majorité, celle sur laquelle repose le respect de la divinité, c'est-à-dire donner aux chrétiens comme à tous la liberté et la possibilité de suivre la religion de leur choix, afin que tout ce qu'il y a de divin au céleste séjour puisse être bienveillant et propice à nous-mêmes et à tous ceux qui se trouvent sous notre autorité. C'est pourquoi nous avons cru, dans un dessein salut